Je m’appelle Ernest NIYOMWUNGERE, je suis natif de Makamba commune Kayogoro. Je suis né dans une famille de différente ethnie. Ma mère était d’une ethnie différente de la mienne et mon père dans une ethnie Hutu. Pendant les crises cycliques qu’a connu notre pays, mon père est mort.Apres la mort de celui-ci, les oncles maternels se sont appropriés de tous les biens de la famille en collaboration avec ma mère. Cette appropriation des biens nous a fait accroupi dans la misère, jusqu’ à un stade où les enfants de ma famille n’arrivaient pas à avoir les frais scolaires et le matériel y relatif.
Ces circonstances ont développé, en moi, une haine envers l’autre ethnie et cela a fait que j’ai décidé d’intégrer la rébellion à l’époque. Arrivée dans mon carrière, ma première mission, était de terminer la formation et avoir une arme à feu pour me venger contre la famille de ma mère y compris cette dernière. Cela constituait un remède pour des mauvaises circonstances vécues après la mort inopinée de mon père. Je ne prenais pas de congé pour me rendre chez nous car je ne tolérais pas voir les bien de mon père dans les mains de l’autre ethnie. Même au service, j’évitais de collaborer avec les gens qui ne sont pas de mon ethnie.
Mais, par coïncidence, la semaine ou j’avais planifié d’aller tuer ma mère, j’avais même la feuille de route, les autorités hiérarchiques m’ont fait savoir que je suis sur une liste des personnes qui vont faire un atelier de formation sur la compréhension du traumatisme et sa gestion. Pendant l’atelier, ils nous ont parlé sur comment un passé non traité peut peser sur toutes l’existence de la personne, ils nous ont montré les signes du trauma et par conséquent, j’ai fait la prise de conscience que j’étais malade suite à mon parcourt douloureux qui a fragilisé ma santé mentale et m’a poussé à prendre de mauvaise décision.
Apres l’atelier de 4 jours, organisé par CAPAMI, j’ai fait une prise de conscience et connaissance de moi- même. Suite à la prise en charge et accompagnement des psychologues de CAPAMI, j’ai abandonné le mauvais plan de tuer ma mère ainsi que mes oncles maternels et par après, j’ai décidé d’acheter un beau pagne pour ma mère en guise de reconnaissance qu’elle est de mon sang. Aujourd’hui, je cohabite bien avec mes oncles, je n’ai plus de haine envers les gens qui ne sont pas de mon ethnie.